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Gestion du poids pendant la grossesse

20 janvier 2013 0 Comments

La gestion du poids pendant la grossesse- équilibre pour la maman et l’enfant

La gestion du poids pendant la grossesse est primordiale aussi bien pour la femme enceinte que pour le futur bébé. L’alimentation doit couvrir les besoins en micronutriments, oméga 3 et la glycémie doit être stable. La façon de se nourrir de la future maman aura une influence sur le poids et le tissu adipeux du bébé voire même sur sa santé à l’âge adulte. Les enfants de mère fumeuse ont un plus grand risque de surpoids.

Poids en début grossesse

De nombreuses femmes souffrent de nausées et de manquent d’appétit ce qui leur fait perdre du poids. D’autres femmes, au contraire, grignotent pour diminuer ces nausées et prennent du poids.

Evitez également le surpoids en début de grossesse. En effet, un IMC élevé au moment de la conception est associé à une augmentation des risques de complications de la grossesse. Par ailleurs, les femmes en surpoids et obèses ont en général des bébés avec des poids de naissance plus élevés et un risque augmenté de macrosomie (bébé de plus de 4 kg)  par rapport aux femmes ayant un IMC normal. En 2001, des chercheurs ont mis en évidence un risque plus élevé de développé un diabète de type 1 et 2 chez les enfants avec un poids plus de 4 kg à la naissance. Les chercheurs  parlent également de cycle intergénérationnel de l’obésité.

cycle de l'obésité

cycle de l’obésité

 

L’image ci-dessus montre que montre que les femmes obèses ont plus tendance à souffrir du diabète gestationnel et à donner naissance à des filles avec un gros poids de naissance qui à leur tour ont plus tendance à souffrir de l’obésité et du diabète gestationnel. Cette transmission intergénérationnelle a aussi une influence sur la santé à l’âge adulte.

Evolution du poids pendant la grossesse

Une future mère de corpulence normale  prend en moyenne 10 à 12 kg pendant sa grossesse. En moyenne, cela signifie que certaines femmes prendront 1 ou 2 kg en plus, d’autres en moins, cela dépendra de leur constitution, de leur poids avant la grossesse, de leur taille, de leur activité physique, etc.

Le poids reste stable en général les 3 premiers mois. La prise de poids commence réellement à partir du quatrième mois, à raison de 350 g par semaine environ. Si vous grossissez de plus de 350 à 400 g par semaine, c’est que votre nourriture est trop riche; il faut donc la ramener à la normale. Pensez aussi au fait que l’appétit reste à peu près identique pendant toute la grossesse alors que les dépensent physiques diminuent progressivement

 Evolution de la prise de poids pendant la grossesse

Recommandations de 2009 Recommandations de 1990
IMC Gain de poids (kg) IMC Gain de poids (kg)
<18,5 kg/m2 12,5-18,0 <19,8 kg/m2 12,5-18,0
18,5-24,9 kg/m2) 11,5-16,0 19,8-26,0 kg/m2 11,5-16,0
25,0-29,9 kg/m2 7,0-11,5 26,0-29,0 kg/m2 7,0-11,5
≥30 kg/m2 5,0-9,0 >29,0 kg/m2 ≥6,8 kg

 

Grossesse et gestion de la glycémie

Il existe une relation entre  les valeurs de glycémie maternelle et l’augmentation  du poids de naissance.

glucose poids bébé

Rapport entre la glycémie et le bmi du bébé

Voyez également l’article diabète de la grossesse

  Obésité et grossesse

La définition de l’obésité pendant la grossesse varie d’un auteur à l’autre et comprend les femmes dont le poids équivaut à de 110 % à 120 % de leur poids corporel idéal ou à > 91 kg ou dont l’IMC > 30 kg/m2.

D’après une étude de 2012, Les enfants de mère en surpoids ou obèse (mais non diabétiques) ont un plus petit poids de naissance et grandissent moins au 3° mois que les enfants de mère ayant un poids normal. Les auteurs font l’hypothèse que le bébé d’une mère en surpoids reçoit tellement d’acides gras libres de sa mère que cela diminue la quantité d’hormones de croissance (IGF-1), ce qui diminue le développement de l’hypophyse.

Face à un apport insuffisant en nutriments, le métabolisme fœtal deviendrait “économe” afin de sauvegarder les organes vitaux, en particulier le cerveau, au détriment de la croissance. Après la naissance, les tissus qui avaient été privés d’IGF-1 et d’insuline sont soudainement exposés à de fortes quantités de ces deux hormones. La résistance à l’insuline pourrait prévenir le risque d’hypoglycémie induit par l’hyperinsulinémie, tout en ne s’opposant pas à la croissance de rattrapage. Chez le nourrisson, un apport élevé en protéines est susceptible de stimuler la sécrétion d’IGF-1 et par conséquent d’induire une multiplication cellulaire et une accélération de la maturation, avec d’éventuelles conséquences délétères sur le poids et la masse grasse.

Malnutrion fœtale et santé à l’âge adulte : hypothèse de Barker

Barker, un épidémiologiste britannique, a rapporté fin des années 80 que la fréquence des maladies coronariennes, hypertension artérielle, de diabète de type 2 et d’hyperlipidémies à l’âge adulte est plus élevé chez les sujet de faible poids à la naissance (en-dessous de 2,5 kg). De nombreuses études ont confirmé depuis cette date les données de Barker.

hypothèse de barker

hypothèse de barker

La moindre croissance du fœtus est du à une diminution de IGF-1. Le métabolisme fœtal devient alors économe (le « thrifty phenotype » des Anglo-Saxons).

Alimentation de la femme enceinte

On entend souvent l’expression “manger pour deux”. Or, grossesse ou pas, trop manger apporte une surcharge calorique et fait grossir. Il n’est pas rare qu’une femme enceinte grossisse trop, soit parcequ’elle a plus d’appétit qu’avant, soit parcequ’elle pense que cette nourriture supplémentaire est nécessaire à son enfant.

Veillez à avoir une alimentation équilibrée plutôt de style méditerranéenne avec des légumes, légumes secs, aliments complets, poisson, volaille, huile d’olive et de colza. Le rapport oméga 3/6 est très important car il va déterminer le développement de la masse grasse chez le bébé (troisième trimestre).

Surveillez l’évolution du poids et de la glycémie.

Prenez des suppléments micronutritionnels : fer, zinc, magnésium, oméga 3, vitamine B9, vitamine D, calcium, iode, vitamine C….La vitamine B9 doit être commencée 3 mois avant la conception pour diminuer le risque de spina bifida. Les oméga 3 sont également à prendre avant la conception ; il faut les arrêter un mois avant l’accouchement car ils liquéfient le sang.

Evitez les aliments trop riches en soja pendant le 1° trimestre.

Prenez des pré et probiotiques

Evitez de fumer et d’être trop stressée.

 Besoins spécifiques liés à la grossesse et l’allaitement

Energétiques

– trois composantes

  • besoins du fœtus et de ses annexes (quasi nuls au 1er trimestre, 80 Kcal/j au 3ème)
  • constitution d’une réserve de lipides dans l’organisme
  • augmentation de la DER à partir du 2ème trimestre

– besoins totaux théoriques

  • 100 à 150 Kcal/j au 2ème trimestre, 200 à 300 Kcal/j au 3ème, 500 Kcal/j au cours de l’allaitement
  • probablement surestimés : apports énergétiques avant la grossesse souvent excédentaires, réserves adipeuses pré-existantes

Protéines

  • 1 g/j pendant le 1er trimestre, 6 g/j pendant le 2ème, 10 g/j pendant le 3ème
  • couverts si alimentation non déficitaire (apports habituels supérieurs aux besoins)

En savoir plus : http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1060.pdf

Sources
Ann Epidemiol. 2011 June; 21(6): 413–420.

J Pediatr. 2012 Dec;161(6):1028-34. doi: 10.1016/j.jpeds.2012.06.001. Epub 2012 Jul 20.
http://spiral.univ-lyon1.fr/files_m/M1680/Files/703709_1750.pdf

 

 

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