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Chirurgie de l’obésité : le by-pass

8 janvier 2013 0 Comments

Le by-pass ou court-circuit gastrique

Le by-pass est une opération opération qui permet de relier l’œsophage à l’intestin. Cette intervention sera plutôt indiqué pour les mangeurs de sucres, les obèses compulsifs et en cas de reflux gastro-oesophagien compliqué d’œsophagite sévère. Elle est utilisée en 2ème intention en cas d’échec des interventions de restriction gastrique.

L’opération de by-pass combine la diminution de l’ingestion des aliments (comme les gastroplasties) à une diminution de leur réabsorption au niveau de l’intestin grêle. Cette technique est de mieux en mieux maîtrisée et le taux de réussite à 3 ans rapporte une perte de 70% de l’excès pondéral. Le succès reste lié au comportement alimentaire du patient, mais cette intervention peut cependant engendrer des carences nutritionnelles. Un suivi post-opératoire régulier est donc nécessaire. Le by-pass est irréversible, avec des conséquences pour la vie !!

Le by-pass est déconseillé aux personnes dépressives, ayant des psychoses ou des problèmes d’alcoolisme.

by-pass

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En fonction de la grandeur du réservoir gastrique créé, la caractère restrictif de l’opération est plus ou moins prononcé.

Le court-circuit d’une partie de l’intestin grêle entraîne donc une diminution de la réabsorption des aliments et surtout des graisses avec, en corollaire, une augmentation de la production de selles riches en graisses. Au plus le court-circuit intestinal est important, au plus les selles émises sont abondantes et souvent diarrhéiques.

Cette intervention chirurgicale se réalise par voie ouverte (laparotomie) mais de plus en plus souvent par voie cœlioscopique.

En éliminant la partie inférieure de l’estomac, on élimine les récepteurs de la ghréline, ce qui supprime la sensation de faim. En outre, la sensation de satiété est plus vite atteinte.

Recommandation nutritionnelles

Dans le mois qui suit le by-pass, l’alimentation sera adaptée à la cicatrisation. Elle se composera d’abord d’une alimentation liquide, ensuite molle avant de retrouver après 5 à 6 semaines une alimentation solide. L’apport de nourriture sera fractionnée en 4 à 5 prises quotidiennes en fonction de la tolérance. La pyramide alimentaire doit rester la référence.

Étant donné que les volumes ingérés sont limités, il est conseillé de boire lentement et en dehors des repas. De même, il est important de manger pas petites bouchées, dans le calme et en mastiquant bien.

Problèmes du by-pass

Au niveau des macronutriments

Une attention particulière sera accordées aux protéines. En effet, elles se retrouvent dans les aliments moins bien tolérés (viande, poisson, volaille…) et sont pourtant nécessaire afin d’éviter la fonte musculaire.La quantité conseillée est au moins 2 x 100 g par jour. Les aliments protéinés seront consommés en premier lieu, suivis des légumes puis des féculents.

Le principal effet secondaire du by-pass   est le « Dumping Syndrome » : l’irruption brutale et rapide d’aliments sucrés dans l’intestin grêle peut provoquent nausées, crampes, sueurs et diarrhées survenant quelques minutes après ce type de repas.  Le phénomène sera d’autant plus marqué avec les aliments à index glycémique élevé. La suppression des repas sucrés peut diminuer fortement ces symptômes.

De plus, certaines personnes font des hypoglycémies réactionnelles qui appellent spontanément la prise de sucre. Attention alors à ne pas consommer trop glucides car cela pourrait augmenter le phénomène de dumping.

Quand aux graisses, elles sont mal absorbées et leur excès peut amener des diarrhées.

La prise d’alcool est délicate. En effet, on constate que la sensibilité à l’alcool est augmentée après un by-pass. La résorption est plus importante du fait que le corps a changé de volume et parfois, l’addiction à certains aliments désormais mal tolérés (comme le sucre), pourrait se déplacer vers une addiction à l’alcool. Il faut donc éviter l’alcool les 3 premiers mois et ensuite ne pas dépasser 2 à 3  verres par semaine.

Au niveau des micronutriments

Les déficiences nutritionnelles sont plus fréquentes avec le by-pass qu’avec la gastroplastie en raison de l’exclusion du duodénum et de l’estomac. Le court-circuitage de l’intestin grêle proximal empêche l’absorption des nutriments principalement absorbés à ce niveau. C’est le cas du fer, du calcium et de la vitamine B1. D’autre part, la diminution des ingestats ou la suppression des aliments mal tolérés peut également engendrer des carences. Le manque de vitamine B12 est l’une des plus fréquentes, mais aussi celles en vitamine D, zinc ou acide folique.

Pour pallier ces inconvénients, la prise quotidienne d’un supplément polyvitaminique et minéral est conseillé. On peut également administrer la vitamine B12 par voie parentérale.

 

Source : Le pharmacien, mars 2014, n°148, Bypass gastrique : et après ?

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